Fiche pratique

Déroulement d'une affaire devant le tribunal correctionnel

Le tribunal correctionnel est compétent pour juger les commis par une . Il peut condamner la personne à une peine d’, au paiement d’une , à un ... La victime peut se constituer partie civile pour demander réparation de son préjudice. Nous vous présentons les informations à connaître sur le déroulement de l’affaire devant ce tribunal.

    Le tribunal correctionnel est saisi selon l'une des procédures suivantes :

    C'est le qui décide de mettre en œuvre l'une ou l'autre de ces procédures. On dit qu'il les poursuites.

    Le tribunal correctionnel peut aussi être saisi par :

  • Convocation par procès-verbal (CPPV)
  • Comparution immédiate (CI)
  • Comparution à délai différé
  • Comparution sur reconnaissance préalable de la culpabilité (CRPC)
  • Convocation par officier de police judiciaire (OPJ).
  • À noter

    En cas de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), une procédure spécifique s'applique.

    Convocation du prévenu

    Le est convoqué à l’audience par à comparaître .

    La peut aussi être ou un . Elle est si le prévenu est incarcéré (en ou en exécution d’une autre condamnation).

    Dans certaines procédures (, ), le prévenu est . Un est établi dont une copie lui est remise.

    La citation ou la convocation doit être remise au prévenu au moins avant la date de l’audience.

    La convocation informe le prévenu de son choisi ou .

    Quand un prévenu est sous tutelle ou curatelle,

    Avis à victime et constitution de partie civile

    La victime reçoit un qui l'informe de la date, de l'heure et du lieu l'audience.

    L'avis d'audience est transmis à la victime par courrier ou par tout moyen en cas de procédure rapide (, .

    L'avis d’audience informe la victime qu’elle peut pour demander des en réparation de son préjudice.

    Elle est informée de son choisi ou .

    La constitution de partie civile se fait du tribunal .

    La victime peut aussi se constituer partie civile jusqu’à la veille de l’audience. La constitution de partie civile par écrit doit parvenir au tribunal .

    Autres convocations et avis d'audience

    , il est convoqué par .

    Si une (voiture, ordinateur...) est encourue et que le , un avis d’audience lui est adressé par tout moyen au moins avant l’audience. L’avis l’informe qu’il peut présenter ses observations à l’audience et demander la restitution du bien. Il peut être représenté ou assisté par un avocat.

    , le procureur de la République adresse un .

    couvert par l’Assurance maladie, la victime partie civile doit .

    Quand le préjudice subi est couvert par un contrat d'assurance, un est fait par toute partie qui y a intérêt au moins . Cet avis est remis par un commissaire de justice ou adressé par lettre recommandée avec accusé de réception.

    Consultation et copie du dossier

    Les avocats du prévenu et de la victime peuvent au tribunal dans lesqui suivent la citation ou la convocation.

    Le prévenu, la partie civile ou leurs avocats ont droit à obtenir la . Le tribunal a à compter de la demande pour délivrer la copie. La première copie est . Si le dossier est numérisé, la copie est délivrée au format numérique.

    Demandes d'actes d'enquête

    Avant le procès, les parties ou leurs avocats peuvent demander la réalisation d'actes d'enquête qui leur paraissent utiles à la recherche de la vérité. Par exemple, le d'un délit de fuite peut demander l'exploitation de ses données téléphoniques pour montrer qu'il n'était pas à l'endroit du délit au moment où il a été commis.

    Cette demande doit être adressée au greffe du tribunal correctionnel , . Elle peut également être .

    Le président du tribunal se prononce sur la requête après avoir demandé l'avis du .

    Composition du tribunal

    Les affaires simples sont jugées par . C'est le cas des délits sanctionnés par une , comme le vol, le port d'arme illégal, les délits routiers, les violences peu graves. On dit que l'audience est .

    Les affaires complexes (dont la peine d’emprisonnement peut aller jusqu’à 10 ans) sont jugées par  : 1 président et 2 . On dit que l’audience est .

    Le est représenté par le . Il défend les intérêts de la société.

    est également présent à l'audience. Il veille à la régularité de la procédure et de l'audience.

    Accès à la salle d'audience

    La salle d'audience est . La liste des affaires qui vont être jugées est affichée à l'entrée de la salle d'audience.

    Un huissier d'audience, appelé aussi , permet l'accès à la salle d'audience. Il vérifie la présence des personnes convoquées et accueille le public.

    Parfois le public n'est pas autorisé à entrer dans la salle d'audience. On dit que l'affaire est jugée .

    Comparution du prévenu

    Le prévenu qui est convoqué à l'audience doit comparaître, c'est-à-dire qu'il doit se présenter devant le tribunal pour être jugé.

    Si le prévenu ne vient pas à l'audience, il s'expose à être amené de force devant le tribunal par la police.

    Le tribunal peut aussi décider de le juger en son absence.

    Le prévenu peut comparaître libre, sous contrôle judiciaire ou détenu.

    Le prévenu peut demander à être jugé en son absence en étant représenté à l'audience par un avocat. Il doit faire sa demande par écrit au président du tribunal.

    En cas d'empêchement majeur (maladie, déplacement professionnel...), le prévenu peut demander le renvoi de l'audience à une autre date.

    Le prévenu non comparant et non excusé est jugé en son absence.

    Comparution de la victime ou de la partie civile

    La victime des faits qui ne se constitue pas partie civile, pour la réparation de son préjudice.

    Elle peut comparaître sans avocat.

    Elle peut également être à l’audience et .

    Elle peut être et .

    La victime qui veut un avocat peut le choisir elle-même ou demander au bâtonnier de lui désigner un . Si ses ressources ne lui permettent pas de rémunérer l'avocat, elle peut demander à bénéficier de .

    Les règles de comparution de la dépendent de la façon dont la victime s'est constituée partie civile.

    Quand une victime se constitue partie civile par écrit avant l'audience, elle a le choix de venir à l'audience ou pas. Si elle décide de ne pas venir, elle n'a pas besoin de se justifier.

    Quand la victime se constitue partie civile par déclaration au greffe avant l'audience, elle doit comparaitre.

    La victime peut se constituer partie civile pendant l’audience, avant les réquisitions du ministère public.

    Déroulement des débats

    Le président du tribunal mène les débats et veille au bon déroulement de l'audience.

    Il peut par exemple expulser une personne qui trouble les débats y compris le prévenu. Il peut aussi interdire l'accès de la salle aux mineurs ou certains d'entre eux si les débats risquent de les choquer.

    Le greffier prend des notes sur le déroulement des débats :personnes présentes, documents remis, constitution de partie civile, incident d’audience.... Il doit noter les réponses du prévenu, les déclarations de la victime, des témoins et des experts ainsi que les demandes de la partie civile.

    Une seule ou plusieurs affaires peuvent être jugées au cours d'une même audience.

    Un procès peut se dérouler sur plusieurs journées d'audience s’il y a de nombreux prévenus ou victimes ou de multiples infractions.

    Le président d'audience appelle le prévenu et l'invite à se présenter à la barre.

    Il vérifie son identité puis il qui sont les suivants :

    Pour l'examen des faits, le président d'audience donne la parole aux parties et autres intervenants dans un ordre précis.

    Le prévenu prend la parole en premier. Le président l'interroge sur les faits qui lui sont reprochés et sur sa situation personnelle.

    On entend ensuite les éventuels et experts convoqués pour l'audience.

    Enfin, le tribunal entend les déclarations de la victime. Si la victime ne s'est pas constituée partie civile avant l'audience, elle peut le faire à ce moment-là. Si la victime partie civile a un avocat, on lui donne la parole pour sa .

    Après l'examen de l'affaire, le président donne la parole au procureur de la République. Le procureur se lève pour donner son avis sur le dossier. On dit qu'il prend ses.

    Dans ses réquisitions orales, le procureur demande au tribunal de déclarer le prévenu coupable et précise la peine qu'il réclame à son encontre. Le procureur peut aussi demander la du prévenu s'il estime que sa culpabilité n'est pas suffisamment démontrée.

    Après les réquisitions du procureur, le prévenu prend à nouveau la parole. Si le prévenu a un avocat, on lui donne la parole pour sa .

    La victime partie civile et le procureur peuvent répondre au prévenu. Dans ce cas le président d'audience doit redonner la parole au prévenu.

    et après sa dernière prise de parole, le président déclare que les débats sont terminés.

    • Droit de se taire
    • Droit de faire des déclarations spontanées ou de répondre aux questions qui lui sont posées
    • Droit d'être assisté d'un interprète si le prévenu ne parle pas ou ne comprend pas le français
    • Droit d'être assisté d'un interprète en langue des signes si le prévenu est sourd.
    À noter

    Les débats peuvent faire l'objet d'un enregistrement sonore ou audiovisuel pour un motif d'intérêt public, d'ordre pédagogique, informatif, culturel ou scientifique. L'autorisation est donnée par le premier président de la cour d'appel.

    Délibéré

    Après les débats, le tribunal doit réfléchir à la décision qu'il va prendre. On dit qu'il .

    Ce se déroule en. Si l'audience est collégiale, le président d'audience et ses assesseurs vont dans une salle de délibéré pour discuter de l'affaire. Il est pendant que le tribunal délibère.

    L'audience est suspendue durant le temps de délibéré.

    Après avoir délibéré, à l'audience.

    La décision est rendue le jour même. Si le tribunal a besoin de temps pour préparer sa décision, elle peut être rendue qui est communiquée à l’ensemble des parties.

    Complément d'enquête

    Avant de juger l'affaire, le tribunal correctionnel doit répondre aux demandes d’actes complémentaire restées sans réponse au jour de l'audience.

    Si le tribunal correctionnel estime que la demande d'acte d'enquête est justifiée, il ordonne un .

    Le tribunal peut aussi ordonner le supplément d'information d'office.

    Le supplément d'information est décidé dans un jugement qui ne se prononce pas sur la culpabilité du prévenu ni sur les demandes de la victime partie civile.

    Le est alors .

    Décision pénale

    Le tribunal rend sa , c'est-à-dire qu'il prend des décisions sur les poursuites pénales.

    S'il estime que le prévenu n'est pas coupable, il prononce la .

    S'il estime que le prévenu a bien commis les faits reprochés, il le déclare et précise la ou les à exécuter.

    Les condamnations pénales sont inscrites sur le du condamné.

    Le tribunal correctionnel fixe la que le condamné doit effectuer. Il s'agit notamment des peines suivantes :

    Les peines d'emprisonnement et d'amende peuvent être prononcées avec .

    Le tribunal correctionnel peut révoquer le sursis d'une ancienne peine si le prévenu est à nouveau jugé coupable de faits commis pendant la période de mise à l’épreuve.

    Une ou plusieurs peuvent s'ajouter à la peine principale.

    Le tribunal peut déclarer le prévenu coupable et reporter le prononcé de la peine. C'est ce qu'on appelle . Le délai d'ajournement va permettre au coupable de régulariser sa situation et de réparer les dommages causés.

    La peine prononcée après un ajournement va tenir compte de la conduite du coupable durant cette période. Il peut alors espérer une peine plus légère. Le tribunal peut même, à certaines conditions, décider d'une .

    Une dispense de peine peut aussi être accordée dans le jugement initial et sans période d'ajournement.

    • Emprisonnement, travail d'intérêt général ou peine de stage
    • Et/ou peine d'amende.
    Décision civile

    Si le prévenu est déclaré coupable, le tribunal doit rendre sa  : il répond aux demandes d'indemnisation de la partie civile.

    Le tribunal va que le coupable doit payer à la partie civile en réparation de son préjudice.

    Parfois, une expertise est nécessaire pour évaluer et chiffrer ce préjudice de la partie civile. Dans ce cas, et renvoie l'affaire à une autre date pour une audience sur .

    Le peut aussi être accordé pour permettre à la partie civile de compléter son dossier (par exemple certificat médical, factures, devis des réparations de sa voiture...). Ce renvoi est de droit pour la partie civile qui le demande.

    Décision sur les biens placés sous scellés

    Le tribunal doit dire si les objets placés sous dans le cadre de l'enquête doivent être , ou .

    Si les objets placés sous scellés sont dangereux, nuisibles ou si leur détention est illicite, la restitution est interdite. Ils sont obligatoirement détruits.

    Appel

    Le condamné peut s'il a comparu en personne, s'il était représenté ou s'il était absent mais qu'il a eu connaissance de sa convocation.

    L’appel peut porter sur une partie de la décision (condamnation pénale, ...) ou l'intégralité de la décision.

    La partie civile peut faire appel de la décision mais .

    L'appel se fait par déclaration au du tribunal qui a rendu la décision.

    Si le condamné est détenu, il fait sa déclaration d'appel auprès du chef de l'établissement pénitentiaire où il est incarcéré.

    Si les parties étaient présentes ou représentées (), doit être fait dans un .

    Ce débute de la décision pour les C’est-à-dire les décisions pour lesquelles les parties ont été régulièrement convoquées, mais n'étaient ni présentes ni représentées par un avocat.

    L'affaire est rejugée par la chambre des appels correctionnels de la .

    Opposition

    Lorsque le prévenu n'a pas eu connaissance de la date d'audience (adresse inexacte, déménagement...) et n'est pas présent ni représenté par un avocat, le tribunal rend un

    Il est à la personne condamnée.

    Pour contester la décision, elle doit . La première décision est annulée dans ses dispositions pénales et civiles.

    La partie civile peut former opposition uniquement sur les .

    permet au tribunal correctionnel de rejuger l'affaire.

    L'opposition se fait par tout moyen (par exemple par déclaration au greffe du tribunal, par lettre recommandé avec accusé de réception...).

    Si la personne est détenue, elle peut faire opposition par déclaration auprès du chef d’établissement pénitentiaire où elle est incarcérée. La déclaration est transmise sans délai, par tout moyen, au .

    Le délai pour faire opposition est de à compter de la prise de connaissance de la décision si la personne condamnée réside en France métropolitaine et d’ si elle réside hors de ce territoire.

    Quand l’opposition faite à un jugement rendu est communiquée au . Celui-ci doit en aviser la partie civile par lettre recommandée avec accusé de réception.

    Un nouveau procès est prévu. La nouvelle date d'audience est communiquée à l’ensemble des .

    En cas de condamnation à une peine de prison ferme, le tribunal peut renvoyer le dossier à une date ultérieure. Il fait rechercher la personne condamnée par les services de police ou de gendarmerie soit pour la faire comparaître au nouveau procès, soit pour la mettre en demeure de se présenter à l’audience.

    Si la personne condamnée ne se présente pas ou n'est pas représentée par un avocat au nouveau procès, le jugement rendu est qualifié .

    Dans ce cas, il n'y a plus aucune voie de recours. Le jugement prononcé s'applique.

    Exécution des sanctions pénales

    Le procureur de la République est chargé de faire exécuter les décisions pénales du tribunal correctionnel. Il procède à quand le jugement ne peut plus être contesté.

    Quand un prévenu est jugé en son absence, le procureur doit d'abord lui faire signifier le jugement. Dans l'attente de la signification, le prévenu est inscrit au .

    , le procureur fait inscrire la condamnation au .

    Il transmet au Trésor public les documents nécessaires pour le .

    En cas de peine de prison ferme, le procureur transmet à l'établissement pénitentiaire un document qui permet l'incarcération du condamné. Ce document s'appelle . L'établissement pénitentiaire n'a pas le droit d'accueillir le condamné sans ce document.

    En cas de ou de peine d'emprisonnement aménageable (ou aménagée), le procureur saisit le pour la mise en place et le suivi des mesures d'aménagement.

    Le suivi de l’exécution de la peine est fait par le .

    Indemnisation de la partie civile

    Le jugement qui accorde des est un .

    Il permet à la partie civile d'obtenir le si le condamné ne paie pas volontairement.

    Les procédures d'exécution forcée sont les mêmes que celles prévues pour .

    En cas de difficultés pour percevoir les dommages et intérêts, .