Enfant victime de maltraitance
En cas de maltraitance envers un enfant, qu’il s’agisse de violences physiques, psychologiques, sexuelles ou de négligences, des dispositifs existent pour protéger l’enfant, alerter les autorités et poursuivre les auteurs. Comment procéder ? Nous vous donnons les démarches à suivre et les aides disponibles.
des violences physiques ou sexuelles (morsure, brûlure, étranglement, attouchement, mutilation sexuelle...)des violences psychologiques (brimades, menaces...) ou la privation volontaire de soins (alimentation, médicaments, hygiène...).
La maltraitance sur un enfant correspond à toute atteinte portée à son intégrité physique, psychologique ou affective, ainsi qu’à son développement.
Elle peut être exercée par ses parents, par d’autres membres de sa famille, ou par des personnes de son entourage (voisin, ami, proche…).
Cette maltraitance peut être caractérisée par :
(mineure ou majeure) témoin d'un acte de maltraitance envers un enfant ou soupçonnant un enfant en danger ou risquant de l'être signaler les faits. Il peut s'agir d'un particulier ou d'un professionnel (assistante sociale, médecin...).
Le signalement peut être , qu'il soit fait par courrier ou par téléphone.
Lorsqu'une situation de maltraitance envers un enfant est constatée, que l'on soit victime ou témoin (direct ou indirect), il convient d'appeler le 119.
En cas d'urgence, les peuvent être sollicités.
Les services du département (l’aide sociale à l'enfance - ASE - ou la cellule de recueil des informations préoccupantes - Crip) peuvent également être saisis.
Pour les cas d'une exceptionnelle gravité (violences physiques ou sexuelles par exemple), il est possible de s'adresser directement, par courrier, au .
Il est également possible de s'adresser au Défenseur des droits, notamment pour signaler des dysfonctionnements dans la prise en charge ou la protection de l’enfant.
La personne à l'origine du signalement est informée des suites données à une information préoccupante sur un mineur en danger sauf si cette information est contraire à ses intérêts ou à ceux de l'enfant.
La non-dénonciation d'une situation de maltraitance dont une personne a connaissance peut être punie de 3 ans de prison et de d'amende. Lorsque ces faits concernent un mineur de moins de 15 ans, la loi considère la situation comme plus grave et les peines sont portées à cinq ans de prison et d'amende.
Le fait d'alerter volontairement les autorités sur des faits inexacts relève de la . Ce délit est puni par une peine de prison pouvant aller jusqu'à 5 ans et une amende de .
par une personne majeure (grand-parent, tuteur, administrateur ad hoc ...),ou par une association de plus de 5 ans d'ancienneté, dont l'objet est la défense des victimes. Dans ce cas, la procédure doit déjà avoir été lancée par le procureur de la République ou faire suite à la plainte.
Même en cas d'implication des parents, une peut être déposée par la victime. Cet acte permet de à la justice (procureur de la République, officiers de police judiciaire) les faits subis (violences physiques ou psychologiques, privation de soin...).
Mais, si la victime mineure souhaite que sa plainte donne lieu à des poursuites, obtenir une indemnisation, elle devra . Pour ce faire, elle devra être représentée :
À noter
les services de l’ Ase ,les centres médico-psychologiques (CMP) ou CMPP, les maisons des adolescents, les unités médico-judiciaires (UMJ), les cellules de psychotrauma créées dans chaque région.
L'enfant victime de maltraitance peut bénéficier d’un soutien psychologique via :
Ces soins sont et .
À la suite du signalement, le service de l'aide sociale à l'enfance (ASE) peut intervenir au domicile de l'enfant pour évaluer sa situation.
Si cet examen conclut à l'existence d'un danger ou d'un risque de danger pour l'enfant, le service peut proposer diverses mesures de protection administratives (par exemple des aides à domicile, un accueil ou hébergement ponctuel).
Toutefois, l’hébergement en hôtel est interdit pour les enfants confiés à l’ASE, sauf exception (jeunes de plus de 16 ans, 2 mois maximum).
Si l'examen de la situation conclut à un danger pour l'enfant et que les parents refusent les mesures de protection administratives ou qu'elles ne sont pas efficaces, le service peut saisir le procureur de la République. Celui-ci peut s'adresser à un juge des enfants pour qu'il mette en place des mesures d'assistance éducative (mesure de suivi et d'aide à la famille) ou, si l'enfant court un grave danger, décider de le placer temporairement en urgence (dans une famille d'accueil par exemple).
Suivre une scolarité (être inscrit dans un établissement sanitaire ou d'éducation, y compris en internat) Exercer une activité professionnelle par l'enfant, s'il est en âge de travailler Respecter un suivi psychologique ou médical.
Le juge des enfants peut prendre des mesures de suivi et d'aide à la famille et des mesures de placement.
Mesures de suivi et d'aide à la famille
Le juge des enfants essaie, dans la mesure du possible, de
Il peut désigner une personne qualifiée ou un service spécialisé pour aider la famille.
La personne qualifiée est chargée d’accompagner l’enfant et sa famille au quotidien. Elle apporte des conseils éducatifs, un soutien personnalisé et peut orienter la famille vers des services adaptés.
Le service spécialisé doit mettre en place un accompagnement social et éducatif de la famille pour .
L'enfant peut également bénéficier d'un accompagnement psychologique.
Quand l'enfant est suivi par un service spécialisé, il peut y être hébergé de façon exceptionnelle ou périodique (1 semaine par mois par exemple).
Le juge peut soumettre l'enfant ou ses parents au respect de certaines obligations. Elles peuvent être les suivantes :
Si l'enfant est suivi par un service spécialisé, la mesure peut durer , .
Si l'enfant est suivi par une personne qualifiée, il n'y a
Le juge peut également ordonner une , dont le but est de rétablir l'autonomie financière de la famille ou une dont le but est de restaurer les liens entre les parents et l'enfant.
Le juge peut également ordonner une médiation familiale, notamment pour favoriser la communication entre parents et enfants, sous conditions spécifiques (accord des parents, absence de violence). Ce dispositif vise à apaiser les tensions et améliorer la situation familiale.
Par ailleurs, le juge peut décider d'une mesure judiciaire d’investigation éducative pour mieux évaluer la situation familiale avant de prendre des mesures plus contraignantes.
Il peut aussi interdire la sortie du territoire national de l’enfant pour une durée maximale de 2 ans en complément d’une mesure d’assistance éducative.
Mesures de placement
Le juge des enfants peut décider d'une dans les cas les plus graves.
Cette mesure ne retire pas aux parents de l'enfant.
Cette mesure est fixée pour une durée de , .
Toutefois, il est possible que les mesures soient ordonnées pour une durée supérieure si la situation de la famille l'exige.
Les parents peuvent obtenir un .
Les frais occasionnés par la prise en charge du mineur doivent être payés par les parents, sauf décision contraire du juge.
En cas de placement d'urgence, le juge peut prendre une décision rapide sans audition préalable des parties, mais doit les convoquer dans un délai de 15 jours pour confirmer ou modifier la mesure.
Les mesures de placement sont exécutées sous la responsabilité de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ), qui assure le suivi éducatif et social du mineur.
le retrait de l’autorité parentale,
La loi prévoit des sanctions spécifiques pour protéger les mineurs.
Les peines varient selon l’âge de la victime et celui de l’auteur de l’infraction.
Les enfants de moins de 15 ans bénéficient d’une protection renforcée. Toute infraction à leur encontre entraîne des peines plus sévères que si la victime était plus âgée. Les mineurs de 15 ans et plus restent protégés mais avec des sanctions proches de celles prévues pour les adultes, sauf circonstances aggravantes.
L’âge de l’auteur joue également un rôle déterminant : un mineur auteur est généralement soumis à des à son âge et à son discernement.
Les peines principales peuvent également s’accompagner de peines complémentaires telles que :
À noter
| Type d’infraction | Victime < 15 ans et auteur mineur | Victime < 15 ans et auteur majeur | Victime ≥ 15 ans et auteur mineur | Victime ≥ 15 ans et auteur majeur |
|---|---|---|---|---|
| Violences physiques | Mesures éducatives ou peines adaptées à l’âge et au | Incapacité totale de travail (ITT) < 8 jours : 5 ans et | Mesures éducatives ou peines adaptées | Aggravation possible si mineur victime et auteur ascendant ou ayant autorité sur l’enfant |
| Violences sexuelles | Mesures éducatives adaptées | Agression : 7 ans et | Mesures éducatives adaptées | Aggravation possible si mineur victime et auteur ascendant ou ayant autorité sur l’enfant |
| Privation de soin / mise en danger | Mesures éducatives adaptées | Privation de soins : 7 ans et | Mesures éducatives adaptées | Aggravation possible si mineur victime |
| Exploitation / atteinte à la moralité | Mesures éducatives adaptées | Mendicité forcée : 5 ans et | Mesures éducatives adaptées | Aggravation possible si mineur victime |